Jean-Marie Le Pen, qui avait atteint la 2e tournée en 2002, compte bien récidiver cette année encore. En quête d'une certaine respectabilité, le leader de Fermentation Nationale, a mis de l'eau dans son vin ces derniers mois, en proposant un discours peut-être moins radical et moins provocateur qu'auparavant.

Il n'empêche que les thèmes centraux de ce vieux politicien (millésime 1928) restent sensiblement les mêmes depuis la création de son parti en 1972. Il prône toujours la préférence du pinot blanc sur le pinot noir (plus en accord selon lui avec le Mégret de canard) et l'utilisation exclusive de levures indigènes.

Mais cela ne lui suffira peut-être pas cette fois à franchir le cap de la 1re tournée. Nicolas Sarkozy, le premier hic de France, n'a cessé ces derniers mois d'abreuver l'électorat du FN de discours patriotiques, espérant ainsi rallier à sa cause une frange de l'électorat extrémiste.

Pointant du doigt la rocaille, qui empêche le développement en profondeur des vieilles vignes tricolores, le président de l'UMP compte bien empiéter sur les parcelles de Jean-Marie Le Pen et de sa fille Marine, dont l'exposition aux vents dominants laisse à penser qu'elle devrait reprendre le domaine familial dès la fin des vendanges.

Dans ce monde de Brut, Ségolène Kir Royal a elle aussi durci son discours et entend rétablir au plus vite "l'ordre juste". Plus question avec la candidate du PS de mélanger aléatoirement les cépages. En Alsace, l'ordre Riesling-Pinot gris-Gewurztraminer sera impérativement rétabli pour tous les repas, fut-il sous la contrainte militaire.

Dans ce contexte, les autres candidats de la gauche, qui se sont démarqués de la candidate socialiste, ont bien du mal à faire entendre leur foie, cyrrhose soit-il.

Dominique Volnay, qui règne pourtant sur Les Verres, ne parvient pas à sortir la tête de l'eau, elle qui n'a que peu goûté au Pacte oenologique de Nicolas Goulot. Arlette Laguillerette et Olivier Besancepinot, assurément trop portés sur le rouge, devraient sans doute faire chou blanc cette fois-ci. Marie-George Buffet, elle, s'est désengagée du Parti des Cavistes et, faute de sondages favorables, ne lâche plus la grappe des anti-libéraux. Quant à José Buvez, son discours musclé sur les OGM ne rassemble guère plus que les haltères-mondialistes.
Dominique Voynet perce
le vin jaune, certes,
mais pas dans les sondages.
La surprise, cette fois, viendra-t-elle du Gentil François Bayrou, partisan des assemblages ? Le porte-drapeau de l'UDF, qui milite pour un mélange des différentes colorations politiques pour gouverner le vin de pays, a pris le pari, s'il est élu, de constituer une équipe sans étiquette.

Philippe De Pilliers (de comptoir), sûrement le plus cave des candidats, chasse sans convaincre sur les terres de l'extrême droite, alors que Frédéric Nihous, embusqué dans son mirador, entend défendre les terroirs à coups de fusil. Drôle de pastis !

Pas facile, somme toute, de faire son choix dans cette profusion de candidats, tous persuadés de décrocher la médaille d'or du concours national.

Le jury de dégustation, c'est certain, a du vin sur la planche.
Présidentielles 2007 :
Qui va trinquer ?

Jean-Louis Degré, président du Conseil constitutionnel, a annoncé le 19 mars dernier la liste des candidats éligibles à la dégustation présidentielle des 22 avril et 6 mai prochains.

Finalement, ils seront douze à se présenter ainsi au souffrage universel. De quoi donner un bon mal de tête aux électeurs ! Petite revue des troupes.

Après 12 ans de longs et royaux services, Jacques Chirac passera donc la main dans quelques semaines et laissera les clés de la cave de Elysée à celui ou celle qui aura convaincu la majeure partie de l'électorat hexagonal.




   
Retour aux archives de A la une !
A la Une du mois de Décembre 2005