Au sortir de la Première Guerre mondiale et sous la menace du phylloxéra qui a déjà détruit une grande partie du vignoble français, un vaste débat s'engage entre les viticulteurs alsaciens sur le comportement à adopter en matière de plantation.

Le recours aux hybrides, résistants et plus productifs que les cépages nobles, est inéluctable, mais déjà des voix s'élèvent pour dénoncer la mauvaise qualité des vins issus de ses hybrides.

Finalement, la crise viticole de 1929, liée à une surproduction, marquera un véritable tournant dans l'histoire viticole alsacienne puisqu'elle freinera le développement de ses hybrides et permettra aux cépages nobles de revenir en force sur le sol alsacien.

L'évolution du statut des vins d'Alsace, et en particulier la classification des Grands Crus, combinée à un souci croissant de qualité, modifiera sensiblement la répartition des différents cépages sur le territoire alsacien.

Aujourd'hui, huit cépages sont présents en Alsace :

Le Riesling :

Il est le cépage roi et le plus célèbre d'Alsace. Il est aussi le plus planté avec plus de 22% de la superficie totale. Le Riesling donne des vins secs et minéraux, qui peuvent, selon le cas, révéler des arômes pétrolés très caractéristiques du cépage.

Le Gewurztraminer :
Vin d'apéritif par excellence, le Gewurztraminer offre de riches arômes de fruits, de fleurs et d'épices. Son encépagement n'a guère évolué en trente ans et représente aujourd'hui 18% de l'encépagement total.

Le Pinot gris :
Le Pinot Gris est l'un des cépages qui a connu le plus fort développement ces trente dernières années. Son encépagement a été multiplié par deux en dix ans ! Apprécié pour sa rondeur, il est certainement appelé à un très grand avenir.

Le Pinot blanc :
C'est le cépage passe-partout ! Situé en milieu de gamme, il s'accorde avec la plupart des mets. Son encépagement a été multiplié par deux entre 1970 et 1990, mais reste stable depuis dix ans.

Le Muscat :
C'est l'oublié des cépages alsaciens. Son encépagement est stable sur les trente dernières années, mais faible, puisqu'il ne représente guère plus que 2% de la superficie totale. Et pourtant, il peut donner de très grands vins en Alsace et entre dans la catégorie des cépages nobles qui recouvrent l'appellation Alsace Grand Cru.

Le Sylvaner
:
Un cépage connu dans toute la France car il remplit souvent à lui seul la partie réservée aux vins d'Alsace dans les petits supermarchés de l'Hexagone. Cépage de bas de gamme, il a naturellement décliné en superficie et ne représente plus aujourd'hui que 12% de l'encépagement, alors qu'il tenait la première place il y a trente ans avec 27%.

Le Chasselas :
En perte de vitesse lui aussi, puisque son encépagement a été divisé par dix en trente ans. Il ne représente plus qu'1% de la superficie. Rares sont les producteurs qui le cultivent encore.

Le Pinot noir :
Avec une multiplication par quatre de son encépagement en trente ans, le Pinot noir est le cépage qui a enregistré la plus forte croissance en Alsace. Vinifié la plupart du temps en rosé, il trouve aujourd'hui une seconde jeunesse avec l'élaboration de véritables vins rouges qui, certainement, concurrenceront de plus en plus les vins issus des autres régions viticoles françaises.

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