La séance de «travail» se poursuit avec les rieslings : le générique, le Schwarzberg et le Grand cru Zinnkoepflé, avec, bien évidemment, une montée en puissance qui atteint son apogée avec le Zinnkoepflé et ce riesling 2005 extrêmement élégant, à l'acidité «soyeuse».

«Sur le millésime 2004, les rieslings sont restés des vins de cépage, alors que le 2005 a été nettement plus favorable à l'expression des terroirs», analyse Eric. Néanmoins, la structure acide du riesling GC Zinnkopeflé 2005 est somme toute comparable à celle du 2004.
Vient ensuite le Muscat 2005, essentiellement issu du muscat ottonel récolté à Bergholtz et sur le Zinnkoepflé, où 5 ares lui sont dédiés. «Ce cépage n'est pas bien adapté pour en faire un grand cru sur le Zinnkoepflé. Nous préférons réaliser un vin simple et sec qui, comme le pinot blanc, a pour vocation se déguster tranquille à l'apéritif. La clientèle, d'ailleurs, nous suit dans cette vision des choses».

Les pinots gris 2005, vinifiés en foudres, ce qui leur donne indéniablement un certain fondant, se montrent extrêmement réussis. Le Vallée Noble 2005, droit comme un I et peu sucré, représente un beau vin de gastronomie, à l'instar du Schwarzberg 2005, à l'acidité plus fine et aux étonnantes notes de caramel (voilà peut-être notre coup de cœur du jour). «Je vinifie les pinots gris de manière à les rendre assez secs», explique le vigneron de Westhalten. «C'est un cépage qui doit pouvoir se présenter ans crainte sur la table».
Eric Rominger
Les gewurztraminers sont du même tonneau. Si le générique 2004 reste sur les caractéristiques du cépage, le 2005, peu marqué en sucres, aborde une autre élégance et une autre finesse.
Mais ce sont les gewurztraminers Luss, issus de vignes situées sur un promontoire calcaire entre le Bollenberg et le Pfingstberg, qui offrent la plus belle représentation de leur terroir.

«La vigne y est belle et les grappes petites. Quand nous avons repris le terrain, nous avons arraché le sylvaner pour passer au gewurz. C'est un terroir très marqué par le calcaire, difficile à maîtriser. Il se montre d'autant plus intéressant que, dès lors que les racines ont traversé les plaques calcaires, la vigne est protégée de la sécheresse».
Les gewuzrtraminer Luss 2004 et 2005, orientés vers un certain exotisme, s'annoncent en effet très différents des génériques 2004 et 2005. Mais le joyau du domaine est sans conteste le Gewurztraminer Grand Cru Zinnkoepglé 2005, élégamment surmaturé.

«C'est la marque de fabrique du Zinnkoepflé», intervient Eric, qui considère que le gewurztraminer est le cépage le plus adapté aux caractéristiques de ce grand cru, qui donne des raisins toujours très murs et dont nos deux vignerons parviennent à en tirer toute la richesse sans pour autant perdre en fraîcheur. La preuve en est d'ailleurs faite avec le Gewurztraminer sélection de grains nobles 2005 qui, malgré ses 150g/l de sucres, ne colle pas au palais et se révèle au contraire frais et aérien. Un véritable enchantement !
Claudine et Eric Rominger, très attachés au Zinnkoepflé et au véritable «trésor» qu'il représente, ont réalisé ces dernières années à titre expérimental des assemblages de riesling, pinot gris et gewurztraminer de ce grand cru. Leur but : ouvrir un débat sur la vocation du Zinnkoepflé, en espérant qu'un jour, tous les viticulteurs iront dans le même sens.

«L'essentiel serait que l'on suive tous la même ligne pour aller vers une certaine unité, même si, bien sûr, chacun apporte sa propre patte. Tout le monde en profiterait», conclue Eric. Les questions sont ouvertes : Doit-on insister sur le gewurztraminer si celui-ci est effectivement le cépage le plus adapté au terroir ? Doit-on affirmer, au contraire, la capacité du Zinnkoepflé à se marier étroitement avec les trois cépages nobles que sont le riesling, le pinot gris et le gewurztraminer ? Faut-il développer la signature du Zinnkoepflé par l'intermédiaire d'assemblages qui insisteraient alors sur l'emprise du terroir sur les cépages ?
A Westhalten, à quelques encablures du Domaine Rominger
Claudine et Eric souhaitent en tout cas se donner les moyens de l'expertise, en s'adonnant ainsi à ces essais d'assemblages qui vont prochainement se retrouver sur leur carte. Un regret pourtant : celui de ne guère trouver d'écho auprès des autres viticulteurs du grand cru, même si certains sont en phase avec cette ligne directrice.

Toujours est-il que le millésime 2005 de Claudine et Eric Rominger est une véritable réussite et l'on ne recommandera jamais assez de s'arrêter un jour au domaine, où nous vous assurons que vous serez conquis par la qualité des vins qui y sont proposés et par la passion communicative de Claudine et Eric Rominger
Le Millésime 2005
selon Claudine et Eric Rominger

Tous les vignerons vous le diront : la qualité d'un millésime ne se juge vraiment que lorsque le vin est en bouteille.

S'il est d'usage de tirer quelques plans sur la comète dès la fin des vendanges, il est souvent préférable d'attendre le processus de fermentation et d'élevage pour avoir un avis plus tranché sur la question.

Claudine et Eric Rominger évoquent pour nous le 2005, à travers leur riche production, en portant un regard comparatif sur le millésime 2004.

«Le 2005 est l'un des plus beaux millésimes et l'un des plus concentrés de ces 20 dernières années», note d'emblée Eric Rominger. «Il se situe au niveau des 1989, 1990, 1998 et 2000». Et pourtant, à la fin du mois d'août 2005, la vigne était «plutôt en retard». Mais les beaux jours de septembre ont permis de «rattraper le temps perdu et de donner des vins concentrés et assez gras, dotés de belles acidités».

«Le 2005 est assurément un millésime à vendanges tardives et à sélection de grains nobles sur le grand cru Zinnkoepflé», renchérit Eric, qui, en revanche, se montre plus nuancé sur le 2004, «une année où les vins étaient caractérisés par leur fraîcheur et leur aspect gouleyant, mais qui manquaient peut-être d'un peu de chaleur».

Notre dégustation débute par le Pinot Blanc 2005, issu d'un assemblage de différentes parcelles exposées sur des sols différents, entre grès et calcaire, pour un rendement de 60 hl/ha. «Le pinot blanc doit rester un vin de plaisir et de convivialité. Pas besoin d'en faire trop», précise Eric. D'un joli croquant, le 2005 se montre effectivement très agréable et s'avère idéal pour un petit apéro sympa au soleil. «Le 2004 était plus dans la fraîcheur, alors que le 2003 s'est montré pâteux», signale notre hôte.




   
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A la une du mois de novembre 2006